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LE POINT DE VUE DE C.H.A.I

 

SUR LES GRANDS SUJETS D'ACTUALITE

France

Eléments de plaidoirie dans l'affaire Soral

 

    

  Eléments de plaidoirie dans l'affaire Soral

Pourquoi nous avons porté plainte?

 Les propos de monsieur Soral sont offensants et injurieux à plus d'un titre.

 Ils sont tout d'abord d'une violence inouïe contre nos compatriotes de confession juive.

 Si nous sommes intervenus dans cette procédure, nous et non pas une association habilitée à le faire, c'est que nous estimons qu'il fallait que l'on sache que l'antisémitisme, et surtout dans la formulation adoptée par monsieur Soral, n'est pas une attaque floue contre un groupe anonyme et sans visage mais une attaque contre des individus, des français, citoyens ordinaires qui se trouvent de ce fait agressés dans leur identité la plus profonde.

 Quelque soit leur conviction politique, leur pratique religieuse, leur statut social, leur combat antérieur, ils sont atteints dans leur « condition humaine » pour la seule et unique raison qu'ils sont juifs.

 Ils sont renvoyés à la haine de ceux qui ne les connaissent pas, qui ne les jugent pas sur des fautes qu'ils auraient pu commettre, mais pour un « péché originel », le péché d'être né juif.

 C'est l'essence même de tout racisme et tout particulièrement de l'antisémitisme.

 Pour la plupart d'entre nous et notamment les plus âgés, cette souffrance ils l'ont subi dans leur chair ; ces propos, ils les ont déjà entendu en d'autres temps, d'autres lieux ; cela leur est revenu comme un écho lointain d'une souffrance absolue et comme les réminiscences d'un cauchemar qu'ils pensaient à jamais révolu.

 Déjà, alors, on parlait du « complot », de la « puissance du lobby juif », et du fait que les juifs perturbaient l'ordre public ; et c'était au nom de ces « désordres » qu'il fallait les isoler puis les châtier comme le suggère, aujourd'hui, monsieur Soral.

 Pour les fils et filles de déportés, ou les descendants des victimes de la barbarie nazie, ces propos réveillent les souvenirs de l'indicible souffrance que leurs parents ou  grands-parents ont eu tant de mal à relater, car dire c'était déjà souffrir. Le verbe a un pouvoir somatique et c'est pour cela que les propos de monsieur Soral sont particulièrement immondes.

 Ces propos sont beaucoup plus graves que ceux des « négationnistes » et « révisionnistes » car ceux-ci nient ou minimisent des faits qu'ils considèrent comme abominables.

Mais monsieur Soral ne les nie pas, il les justifie !

 Il reprend à son compte toute l'histoire de l'antisémitisme en la justifiant.

 Quand il dit « Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans, ils se font dérouiller… » ; il nous interpelle à plus d'un titre :

  • D'une part, il fait remonter la « nuisance du juif » à son origine, soit il y a 2.500 ans
  • D'autre part, il justifie le fait qu'ils « dérouillent » tous les 50 ans par leur propre comportement : les juifs sont les seuls responsables de leurs propres malheurs !!!

 Il justifie ainsi les déportations de l'antiquité, les vexations et expulsions du moyen-âge, l'Inquisition, les pogroms, l'affaire Dreyfus, la Shoah,…

 Il justifie même les débordements qui pourraient survenir dans la mesure où, d'après lui, la provocation est déjà là !

 Quant monsieur Soral dit « …ce n'est pas systématiquement de la faute de l'autre (...) si personne ne peut vous(les juifs)  blairer partout où vous mettez les pieds… », Il reprend à son compte la définition  même de l'antisémitisme.

 Ainsi, quelque soit les lieux et les temps, le « juif » est détestable et détesté.

 Quant il dit : « …qu'il y a une psychopathologie du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale ….. », il définit le « problème juif » comme une maladie mentale héréditaire.

 Ces propos de monsieur Soral sont plus qu'inacceptables, plus qu'immoraux, ils sont dangereux.

 Ils sont d'autant plus dangereux qu'ils s'inscrivent dans une perspective politique dite de « terrain ».

 Monsieur Soral est un homme de communication qui a été largement écouté jusqu'au moment où ses « dérapages » sont devenus inacceptables y compris dans les émissions où l'on acceptait la plus grande liberté de ton.

 N'oublions pas le contexte dans lequel ces propos ont été exprimés.

 Il s'agissait de faire une émission sur la résurgence de l'antisémitisme et sur Dieudonné après que ses dérapages médiatiques eurent fait scandale.

Une émission « Complément d'enquête » était consacrée à la nébuleuse Dieudonné sur le thème cher à ce dernier « Sionisme et media » où l'on retrouvait donc Dieudonné, Alain Soral et Olivier Mukuna.

 C'est au cours de cette émission que monsieur Soral est interviewé par Cyrille Devaud, journaliste à France 2.

 A l'époque où l'émission a eu lieu, monsieur Soral, comme Dieudonné d'ailleurs, se disait « de la gauche de la gauche ».

 Ancien militant du Parti Communiste, il trouvait que celui-ci n'était plus « suffisamment à gauche », ce qui ne l'empêchait pas de fustiger les « féministes », les « homosexuels » et les « juifs ».

 C'est dans ce contexte qu'il se lançait souvent dans une véhémente diatribe contre les « chiennes de garde », Ni putes Ni Soumises, le CRIF, la LICRA et autres mouvements de lutte contre l'homophobie.

 De ce fait, il continuait à intervenir sur les ondes car sa parole « libre et sans tabou », comme il le disait lui-même, faisait de l'audimat.

 Il a fallu ce dérapage sans nuance, qui nous mène devant vous ce jour, pour que même Thierry Ardison lui refuse l'antenne.

 Depuis, il a fait un cheminement politique qui a éclairé tout le monde sur son véritable positionnement « politique ».

 Tel Marcel Déat ou Jacques Doriot en son temps, il est devenu National Socialiste pour devenir le porte-parole du Front National qui n'a jamais caché ses positions négationnistes et antisémites. Il suffit pour en être convaincu d'écouter  Maître Delcroix qui reprend à chaque fois lors de ses plaidoiries « l'exception de vérité » pour justifier les « Protocoles des Sages de Sion » ou autres propos infâmes, véhéments, antisémites et négationnistes.

  Je me suis souvent demandé pourquoi nos parents ou nos grands-parents ont dû se cacher ; pourquoi de nombreux juifs ont dû changer de nom, pourquoi on en voulait à leur vie, pourquoi on a utilisé contre eux la pire des barbaries.

 Ces questions m'ont d'autant plus torturées que ceux qui ont procédé à ces immondes barbaries se trouvaient être les habitants du plus moderne, du plus instruit, du plus cultivé des peuples de la terre.

 Oui, comment des êtres sensés, instruits, éduqués voire mélomanes ont pu arriver à une telle cruauté, à une telle haine, à une telle sophistication dans la barbarie ; pourquoi ? Alors que ces gens ne leur avaient rien fait !

Puis confronté à la triste réalité qui ressurgit dans notre pays, j'ai compris que cette haine n'était pas due, ne pouvait pas être due à une forme de « génération spontanée » mais à une intoxication de tous les instants, à un bourrage de crane, à un conditionnement basé sur la « culture » de la haine ; culture au sens propre comme au sens figuré : culture en tant qu'idéologie mais également culture comme « gestation » et « développement » de cette haine sans borne.

 Cette haine qui permet de faire croire à l'incroyable, qui permet de transmettre comme « vérité » ce qui n'est qu'imposture et mensonge.

 J'ai donc compris que des centaines de Soral ont du passer en Allemagne en 1933 pour attiser les foules dans les meeting, pour écrire des discours plein de haine, de misogynie, d'homophobie et de racisme en tous genres, pour avoir réussi à « déculturer » les plus cultivés des allemands, pour avoir « dénaturé » l'esprit d'hommes et de femmes ordinaires.

 Et je me suis dit que si on avait réussi à arrêter cette propagande nauséabonde avant qu'elle ne se répande comme une trainée de poudre, avant qu'elle n'infeste les esprits les plus saints comme l'a si bien décrit Ionesco dans « Les Rhinocéros » alors tout ce drame n'aurait pas eu lieu, toutes ces souffrances n'auraient pas existées, et le pire aurait pu être évité.

 Voilà pourquoi, monsieur le Président, les propos d'Alain Soral nous sont insupportables, pourquoi ils évoquent les excroissances de haine dont les moutures prennent si bien en période de crise, et crise il y a.

 Les propos de Soral ne sont pas insupportables aux juifs de France mais ils sont tout simplement insupportables à tout français humaniste et respectueux du droit.

 Ils seront, j'en suis sûr, tout autant insupportables pour tous les hommes de droit non seulement parce qu'il bafoue sans retenue la « dignité » de nombres de nos compatriotes, mais également parce qu'il bafoue notre droit républicain basé sur le respect d'autrui.

 On dira que les paroles de monsieur Soral s'envoleront comme de la fumée. Hélas des propos et des haines comme ceux propagés par monsieur Alain Soral ont envoyé non pas des paroles, mais des hommes, des femmes et des enfants en fumée !

 Je conclurai par cette citation d'Emile Zola « C'est un crime d'empoisonner les petits et les humbles, d'exaspérer les passions de réaction et d'intolérance, en s'abritant derrière l'odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l'homme mourra, si elle n'en est pas guérie » (La vérité en marche, lettre à M. Félix Faure)